Lectures socio-économiques

Compte rendus

La théorie de l'équilibre général, un ouvrage de Claire Pignol

L'analyse économique contemporaine repose en grande partie sur les apports de la théorie de l'équilibre général, selon laquelle la coordination des actions individuelles par le mécanisme de marché est le processus le plus efficace pour allouer des ressources, et pour inciter à produire et à consommer en fonction des prix. Le petit livre de Claire Pignol opère un travail salutaire de clarification d'un corpus insuffisamment questionné. Il était en effet urgent de se pencher réellement et sérieusement sur l'ensemble des hypothèses formulées par les tenants de la théorie de l'équilibre général, depuis Léon Walras à la fin du XIXe siècle, tant elles paraissent contre-intuitives. Claire Pignol montre bien qu'il s'agit de « théorie », qu'il faut en discuter la démarche épistémologique particulière et que ses conséquences philosophiques doivent être approfondies. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures  https://journals.openedition.org/lectures/24600

Un livre de 131 pages paru aux Presses universitaires du Septentrion


Les économistes et la fin des énergies fossiles (1865-1931), un ouvrage d'Antoine Missemer

Dans l'ouvrage d'Antoine Missemer, se croisent l'histoire de la pensée économique, l'analyse économique de l'environnement et globalement l'ensemble des sciences qui ont cherché à comprendre, à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, l'impact du charbon puis du pétrole sur les dynamiques de création de richesses. L'auteur est spécialiste de l'histoire de l'économie de l'environnement et des ressources naturelles et cet ouvrage est issu de sa thèse de doctorat. C'est un livre stimulant, agréable à lire, qui nous guide dans un voyage dans le temps à travers la pensée économique sur un sujet dont l'actualité est devenue particulièrement préoccupante depuis le début de XXIe siècle. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://journals.openedition.org/lectures/24134

Un livre de 225 pages publié en Classiques Garnier.


Evidence-based policy making in the social sciences. Methods that matter, un ouvrage dirigé par Gerry Stoker & Mark Evans

Comprendre et expliquer les phénomènes sociaux repose sur la qualité de la preuve des arguments avancés et constitue le quotidien de l'enseignant-e chercheur-euse face à ses hypothèses et ses conclusions. C'est également le fondement d'un pan entier de l'évaluation des politiques publiques1, dont les méthodologies et les enjeux sont étudiés principalement en sciences politiques2. Dans ce contexte, cet ouvrage se penche sur les approches dites « evidence-based » (fondées sur des données probantes) popularisées dans le domaine médical depuis les années 19903. La démarche « evidence-based » visait dès l'origine à apprécier la capacité d'un médicament à améliorer la situation des patients traités en comparant l'évolution de leur santé avec d'autres patients non traités. Tous les patients sont sélectionnés de manière aléatoire et ne savent pas s'ils bénéficient du nouveau traitement ou d'un placebo. Cette méthodologie s'est progressivement étendue à d'autres champs scientifiques, en particulier dans les sciences sociales, comme l'illustrent par exemple les travaux publiés par Banerjee et Duflo en économie du développement4. Dépassant les débats théoriques sur la lutte contre la pauvreté des pays moins avancés, les auteurs cherchent de manière très pragmatique « ce qui marche » pour améliorer la situation des habitants de nations en développement (ex : faut-il donner ou vendre des moustiquaires pour protéger contre les épidémies ? Comment inciter les jeunes à aller à l'école et leurs professeurs à y être présents ? Dans quelles conditions favoriser le micro-crédit ?...). Les approches « evidence-based » semblent toutefois incarner une forme de scientisme, une technique pure et dépolitisée... que le livre de Stoker et Evans vient questionner en présentant une des premières synthèses académique sur le sujet (en attendant une publication francophone). (...)

1 Selon le décret du 18 novembre 1998, il s'agit « d'apprécier, dans un cadre interministériel, l'efficacité de cette politique en comparant ses résultats aux objectifs assignés et aux moyens mis en œuvre ».

2 Bernard Perret, Évaluer les politiques publiques, Paris, La Découverte, 2008.

3 Sur ce sujet, voir Miriam Salomon, Making Medical Knowledge, Oxford, Oxford University Press, 2015, compte rendu de Clément Dréano pour Lectures : https://lectures.revues.org/20270.

4 Abhijit V. Banerjee, Esther Duflo, Repenser la pauvreté, Paris, Seuil, 2012, compte rendu de Camille Sutter pour Lectures : https://lectures.revues.org/8284.

La suite du compte rendu sur le site de la revue électronique Lectures : https://lectures.revues.org/23784

Un livre de 312 pages paru chez Policy Press.


L'illusion du bloc bourgeois, un ouvrage de Bruno Amable & Stefano Palombarini

La lecture de ce court ouvrage en pleine élection présidentielle française est associée à une étrange sensation pour le lecteur. Les économistes Bruno Amable et Stefano Palombarini étudient en effet dans L'illusion du bloc bourgeois la crise politique du modèle français en mobilisant leur spécialité, l'économie politique. C'est à partir de cette branche de l'économie qui analyse les questions politiques (vote, décision publique, organisation des pouvoirs...) que les auteurs interrogent l'avenir électoral de la France. Leur démarche consiste à identifier la répartition des blocs sociaux entre les différentes offres partisanes. Ils constatent une rupture entre les partis dits « de gouvernement » et les classes populaires qui ne s'estiment plus représentées ni prises en compte. Car les mesures décidées par les partis successivement au pouvoir depuis les années 1970 (globalement identifiés par les auteurs comme la droite libérale et le parti socialiste) ne sont pas parvenues à satisfaire la totalité de leurs électorats, qui sont par nature variés. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue électronique Lectures : https://lectures.revues.org/22789

Un livre de 178 pages publié aux éditions Raisons d'agir.


Les péchés secrets de la science économique, un ouvrage de Deirdre McCloskey

Voilà clairement un ouvrage à mettre entre les mains de toutes celles et tous ceux qui s'intéressent à l'économie. Pour l'enseignant ou le chercheur qui se pose des questions épistémologiques comme pour le lecteur curieux, interloqué par la récente « querelle des méthodes » qui a suivi la publication de l'essai des économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg1, cette réflexion sur la manière dont se construit le savoir dans la « science lugubre » est particulièrement stimulante et à-propos. Trop rares sont en effet les livres qui savent aborder de manière simple et claire les fondements méthodologiques de la science économique. Cette tradition, portée par des grands auteurs tels que Milton Friedman2 pour le monde anglo-saxon et Edmond Malinvaud3pour le monde francophone, semble ne plus avoir cours, comme si les questions épistémologiques avaient été tranchées définitivement en économie, alors qu'en sociologie, par exemple, elles font toujours débat. (...)

1 Pierre Cahuc et André Zylberberg, Le négationnisme économique, Paris, Flammarion, 2016.

2 Milton Friedman, Essais d'économie positive, Paris, Litec, 1995.

3 Edmond Malinvaud, Voies de la recherche macroéconomique, Paris, Odile Jacob, 1991.

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/22298

Un livre de 109 pages aux éditions Markus Haller.


Regards croisés sur l'économie, n° 18 : L'économie au secours du politique ?

Cette dernière livraison de Regards croisés sur l'économie nous arrive dans un contexte politique et électoral particulier : le vote récent du Royaume-Uni pour sortir de l'Union européenne, l'élection présidentielle américaine ou encore les élections primaires en France. Au-delà de cette actualité, l'objet « politique » reste un thème fondamental des sciences sociales et la revue vient, comme à son habitude, éclairer des problèmes sociaux essentiels pour les chercheurs, les enseignants, les étudiants et tout simplement les citoyens. Les contributions de ce numéro interrogent les relations entretenues entre deux disciplines cousines, parfois antagonistes mais le plus souvent complémentaires. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/22152


Organisation, information et performance un ouvrage dirigé par François Meyssonnier et Frantz Rowe

La recherche en sciences de gestion permet autant d'explorer les nouveaux territoires d'action des entreprises que de revisiter les grandes théories qui structurent nos connaissances en management. Dans Organisation, information et performance, un ouvrage dirigé par les enseignants chercheurs de l'Institut d'Administration des Entreprises de Nantes François Meyssonnier et Frantz Rowe, sont réunies des contributions centrées sur les processus opérationnels des entreprises : l'organisation de leurs systèmes d'information, leurs logistiques, leurs modes de distribution ou leurs modèles de contrôle de gestion. C'est à partir de situations concrètes, le plus souvent issues de recherches de terrain, que sont décrites et analysées les évolutions de la gestion des entreprises. Quelques entrées sont ainsi consacrées à de véritables « cas pratiques », en voici quelques exemples : l'usage intensif des mails par les cadres (Bretesché, de Corbière, Geffroy et Wolf) ; le risque de crédit dans la banque (Jubin, Lauzanas, Pop et Raymond) ou la pérennité des entreprises familiales (Antheaume, Barbelivien et Robic).

La suite du compte rendu sur le site de la Revue Lectures : https://lectures.revues.org/21749

Un livre de 266 pages publié par les Presses Universitaires de Rennes.


Dictionnaire historique de comptabilité des entreprises un ouvrage dirigé par Didier Bensadon, Nicolas Praquin et Béatrice Touchelay

Avec ce dictionnaire historique, la comptabilité bénéficie d'un éclairage précieux qui prend en compte le temps et l'espace. Ce croisement se développe depuis quelques années sous l'impulsion de chercheurs et chercheuses visant à souligner les apports de l'histoire aux sciences de gestion1 dans des domaines comme l'histoire des entreprises ou la culture d'entreprise. En effet, s'agissant de techniques quantitatives de gestion que les historiens de l'économie ont associées au développement du capitalisme, les notions et termes comptables méritent d'être analysés de manière approfondie pour mieux comprendre le fonctionnement et l'évolution des entreprises. Le formidable développement économique qu'ont connu les économies occidentales à partir du XVIIIe siècle s'est accompagné de nombreuses modifications de la manière dont les entreprises ont établi et tenus leurs comptes. Cette plongée dans les outils de gestion, les professions comptables ou les spécificités des secteurs économiques permet de mieux saisir la place centrale occupée par l'entreprise dans l'économie du XXIe siècle.

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/21386

Un ouvrage de 498 pages, publié aux Presses Universitaires du Septentrion.


La monnaie entre dettes et souveraineté, un ouvrage de Michel Aglietta, Pepita Ould Ahmed & Jean-François Ponsot

Étrange impression au moment de refermer le livre de Michel Aglietta... Le premier sentiment est celui du plaisir d'avoir lu cette synthèse claire et accessible de ses réflexions et travaux sur la monnaie. Une analyse qui relève avant tout d'une véritable démarche d'économie politique : reposant sur des concepts rigoureux, ouverte aux autres sciences sociales et ancrée dans la réalité des sociétés étudiées. La monnaie entre dettes et souveraineté constitue en effet une véritable « somme » qui reprend et prolonge des travaux désormais classiques, publiés ou dirigés par l'économiste avec André Orléan, depuis 1982, sur les questions d'économie monétaire et financière et leur impact sur les dynamiques socio-historiques. Le second sentiment qui peut alors toucher le lecteur est celui de l'inquiétude : qui pourrait aujourd'hui encore porter un tel discours (largement hétérodoxe par rapport au corpus de base de l'économie) et le défendre épistémologiquement ? (...)

Le reste du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/20913

Un livre de 458 pages publié chez Odile Jacob.


Criminalité et insécurité, un ouvrage d'Olivier Hassid

L'ouvrage d'Olivier Hassid se veut pragmatique. Ce traité de criminologie appliquée mobilise à la fois les apports théoriques d'un domaine de connaissance dont le caractère de « discipline scientifique » à part entière est encore en débat, et une variété de statistiques produites par les Nations Unies, l'Union européenne ou divers ministères. De lecture très agréable, dans un format synthétique, Criminalité et insécurité aborde les grandes questions qui se posent dans le domaine de la sécurité. Il va piocher dans des travaux sociologiques, économiques ou de sciences politiques notamment, et est construit comme un guide introductif à la gestion des risques. Il comporte de riches indications bibliographiques qui permettent d'approfondir les différents thèmes abordés tout du long de l'ouvrage.

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/20142

Un livre de 246 pages aux Editions CNPP.


Ni en emploi, ni en formation Des jeunes laissés pour compte, un ouvrage de Francis Kramarz et Martina Viarengo

La question de l'emploi des jeunes constitue un véritable défi pour les politiques publiques. Les économistes Francis Kramarz et Martina Viarengo dressent dans ce court ouvrage l'état des lieux des connaissances sur le sujet en partant de l'analyse d'une catégorie statistique récemment identifiée : les jeunes « ni en emploi, ni en formation ». Désignés le plus souvent par l'acronyme anglais NEET pour « not in employment, in education or training » ces jeunes ont entre 15 et 29 ans, peuvent avoir un diplôme du supérieur, peuvent avoir travaillé ou recherché un emploi mais se trouvent en inactivité, c'est-à-dire en dehors du marché du travail et en dehors du processus d'acquisition de capital humain (éducation ou formation). En étudiant plus précisément cette catégorie de jeunes, ce livre permet d'aborder la transition de l'école à l'emploi et les difficultés qui lui sont propres. (...)

La suite de la note du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/19749

Un ouvrage de 112 pages publié aux Presses de Sciences Po.


Banques et grande industrie, un livre de Philippe Marguerat

En abordant la question du financement des systèmes industriels européens à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, Philippe Marguerat nous livre un nouvel éclairage de la seconde révolution industrielle. Dans ce contexte de mutations économiques, où l'électrotechnique et la production de charbon et d'acier sont les activités innovantes et motrices, l'auteur explore la relation entre les banques et les entreprises industrielles, qui vise à répondre aux importants besoins en capitaux de ces secteurs. L'analyse des situations de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne et de la France entre 1880 et 1930 montre que chaque pays a connu une trajectoire particulière, avec des différences marquées tant dans les stratégies des entreprises industrielles que dans les modalités de financement par les banques, les structures de marché, etc. L'approche retenue dans Banques et grande industrie vise ainsi à questionner l'historiographie économique de la deuxième révolution industrielle, résumant la problématique du système bancaire le plus adapté à la croissance au succès du « modèle » allemand sur le modèle anglais. (...)

La suite du compte rendu pour la revue Lectures : https://lectures.revues.org/19663

Un ouvrage de 420 pages aux Presses de Sciences Po.


La caste dans l'Inde en développement, un ouvrage de Guilhem Cassan

À l'instar des autres publications du Cepremap, La caste dans l'Inde en développement de Guilhem Cassan joue parfaitement son rôle de vulgarisation économique tout en restant un ouvrage exigeant, agréable à lire et intellectuellement stimulant. L'auteur faisait d'ailleurs partie de l'équipe de bloggeurs d'Ecopublix, où il avait déjà pu faire connaître à un large public ses recherches et analyses en économie du développement. Une des principales qualités de son livre est d'aborder une question classique des sciences sociales(le système de caste) en convoquant des travaux économiques récents de manière pédagogique mais aussi des réflexions provenant des disciplines voisines comme l'histoire, les sciences politiques, l'anthropologie ou la sociologie. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/18942

Un livre de 72 pages aux Editions de la rue d'Ulm.


Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme, un ouvrage dirigé par Michel Fabre et Christiane Gohier

Cet ouvrage questionne les liens qu'entretiennent aujourd'hui les politiques éducatives et le néo-libéralisme. Les différentes organisations scolaires et éducatives s'inspirent de plus en plus, d'après les auteurs, des valeurs du marché. En effet, les analyses réunies dans ce livre montrent à quel point l'économie de la connaissance ou la théorie du capital humain influencent les systèmes éducatifs des pays développés. Le néo-libéralisme relève d'une approche idéologique : il porte les valeurs de l'analyse économique, celles du marché et la supériorité de l'entreprise sur l'action publique. Les contributeurs énoncent et dénoncent les mécanismes normatifs qui guident les réformes récentes dans le domaine éducatif. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/18876

Un livre de 168 pages publié par les Presses de l'Université de Rouen et du Havre.


Une « French touch » dans l'analyse des politiques publiques, un ouvrage de Laurie Boussaguet, Sophie Jacquot et Pauline Ravinet

Voici entre les mains du lecteur curieux, un ouvrage remarquable qui fait un point d'étape sur la tradition française d'analyse des politiques publiques. Cette approche a été portée par Pierre Muller, directeur de recherche en sciences politiques et pionnier du renouvellement de la compréhension du rôle de l'État en action, auquel ce livre rend hommage. En détachant les politiques publiques du droit ou de la science administrative, en les confrontant notamment à la sociologie des organisations, Pierre Muller et quelques autres auteurs emblématiques (comme Bruno Jobert ou Jean-Gustave Padioleau) ont contribué à fournir un cadre conceptuel et analytique robuste et intellectuellement stimulant pour des générations de chercheurs mais aussi de praticiens de l'action publique. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/18037

Un ouvrage de 435 pages paru aux Presses de Sciences Po.


Politiques éducatives : la mise en œuvre, un ouvrage de Claude Lessard & Anylène Carpentier

Les politiques éducatives sont un des sujets les plus débattus au sein des sciences sociales. Dans la tradition sociologique comme dans l'histoire de la pensée économique, elles ont été analysées par les grands auteurs : Durkheim, Bourdieu, Boudon, Gary Becker ont structuré notre connaissance des questions éducatives en fournissant des grilles de lecture et d'action pour le monde scolaire. Les notions de capital humain, d'inégalité des chances ou de reproduction font partie des fondements de l'action publique dans le domaine de l'éducation. Au regard par exemple du poids budgétaire du poste éducation, enseignement, recherche dans les finances publiques des pays développés ou du simple fait que l'école concerne tout le monde à un moment ou un autre de sa vie, les sciences politiques et de l'éducation ont affiné notre compréhension de la manière dont sont élaborées et pensées les orientations gouvernementales et institutionnelles en la matière. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/17468

Un ouvrage de 208 pages paru aux Presses Universitaires de France.


Le capitalisme a-t-il un avenir ? Un ouvrage de Wallerstein, Collins, Mann, Derluguian & Calhoun

Autour d'un sujet largement abordé par les sciences sociales, les auteurs réunis dans cet ouvrage ont réussi le tour de force de produire une analyse à la fois stimulante et fondamentalement novatrice. C'est en effet à partir des années 2000 que l'on a pu assister au « retour » du capitalisme comme objet d'étude. La succession des crises financières globales (spéculation autour des entreprises de l'Internet, spéculation autour du marché immobilier américain ... pour les plus récentes) a rappelé comme une évidence que le capitalisme ne se confond pas avec l'économie de marché, mais qu'il semble plutôt obéir à des évolutions structurelles. C'est pour cela que les raffinements de la science économique mobilisant la théorie néo-classique n'ont pas pu réduire le capitalisme à un modèle robuste : il existe des configurations variées d'accumulation du capital, correspondant à autant de trajectoires socio-historiques diverses. L'une des principales qualités de cet ouvrage est d'en donner un aperçu et d'en ouvrir les perspectives. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/16588

Un livre de 200 pages publié aux éditions de La Découverte.


Valeur financière et vérité, un ouvrage d'Horacio Ortiz

Le domaine de la finance est à la fois très analysé et fortement méconnu. C'est en premier lieu une discipline à part entière dont le niveau de raffinement et de spécialisation est conséquent : théorie financière, analyse financière, finance d'entreprise, finance de marché, finance internationale... Pourtant, à l'occasion de la crise mondiale déclenchée en 2008, il est clairement apparu que la finance était également un monde peu connu et peu compris du grand public. Aujourd'hui encore, les métiers et les entreprises qui constituent le monde de la finance, comme la plupart des activités de cette industrie, peuvent paraître obscurs aux non-initiés. À ce titre, l'ouvrage d'Horacio Ortiz vient combler un manque et apporte un éclairage à la fois passionnant et approfondi du fonctionnement des agents économiques de la sphère financière, en partant de l'étude de ceux qui achètent et vendent de l'évaluation d'entreprises cotées en bourse. (...)

La suite de la note sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/15824

Un livre de 180 pages publié par les Presses de Sciences Po.


Mission insertion, Un défi pour les universités, un ouvrage de José Rose

La lecture de cet excellent ouvrage de synthèse de José Rose fournira les clés de compréhension d'une problématique particulièrement importante tant d'un point de vue académique que politique : la liaison formation-emploi. L'auteur y ayant consacré une grande partie de ses travaux de recherche d'une part, et ayant participé à la mise en place concrète de dispositifs d'insertion professionnelle d'autre part ; le livre combine ainsi avec aisance les allers-retours entre théories et pratiques, tout en mobilisant des apports de sciences sociales variées : sociologie, économie, sciences politiques, sciences de l'éducation... (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/15222

Un livre de 240 pages publié aux Presses Universitaires de Rennes.


Edith Penrose et la croissance des entreprises, un ouvrage de Lise Arena

Le petit ouvrage de Lise Arena est très éclairant. Il livre une traduction d'un article de l'économiste Edith Penrose sur la croissance des entreprises précédée par une introduction présentant l'auteure et son œuvre. C'est le format traditionnel de cette collection, Feuillets, publiée aux éditions de l'École Normale Supérieure de Llyon. Sous la direction de Ludovic Frobert et Muriel Dal-Pont ces feuillets d'économie politique moderne ont permis de (re)découvrir les travaux de Murray Rothbard, Gunnar Myrdal, Stephen Marglin ou plus récemment Nicholas Georgescu-Roegen. Autant d'auteur-es essentiels mais peu connus ou reconnus malgré des contributions primordiales pour les sciences sociales. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/13981

Un livre de 104 pages publié aux éditions de l'ENS Lyon.


Evaluer la formation professionnelle, un ouvrage de Marc Ferracci

Ce petit livre de Marc Ferracci peut faire l'objet de deux modes de lecture. Deux approches qui, loin d'être opposées, montrent la richesse de l'ouvrage : d'un côté, on peut voir dans Évaluer la formation professionnelle une revue de littérature empirique d'économie du travail et de l'éducation sur l'efficacité des pratiques de formation ; de l'autre, on peut y lire un plaidoyer en faveur d'une culture de l'évaluation rigoureuse s'appuyant sur l'économétrie. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/13386

Un ouvrage de 118 pages aux presses de Sciences Po.


Sociologie des outils de gestion, un ouvrage d'Eve Chiapello et Patrick Gilbert

Il est des manuels qui marquent de réelles avancées dans la connaissance de certains champs du savoir en sciences humaines et sociales, notamment en termes d'enseignement et de recherche. On pense par exemple aux livres de Paul Samuelson en économie ou à ceux d'Henri Mendras en sociologie. L'ouvrage conçu ici par Eve Chiapello et Patrick Gilbert s'inscrit non seulement dans cette lignée mais va bien au-delà en proposant à la fois une synthèse des connaissances, une introduction à des domaines de recherche variés et novateurs tout en constituant un manuel traditionnel pour des cursus de sciences de gestion ou de sociologie. À la fin de l'ouvrage, le lecteur possède à la fois une vision claire de ce que peuvent impliquer les « outils de gestion » et la possibilité d'approfondir le sujet dans des directions variées. (...)

La suite du compte rendu sur le site de la revue Lectures : https://lectures.revues.org/12474

Un livre de 294 pages aux éditions La Découverte.


Sciences, techniques et société, un ouvrage de Christophe Bonneuil et Pierre-Benoît Joly

Cet ouvrage est une introduction à un champ d'études foisonnant et encore trop peu connu en France. Le domaine de recherche Sciences, techniques et société (plus connu sous l'acronyme STS) est en effet le fruit de plusieurs évolutions qui sont retracées dans ce livre. La combinaison des analyses des deux auteurs permet de produire à la fois des clés de compréhension de divers travaux menés autour des sciences et des techniques ; mais aussi de découvrir les apports spécifiques dont sont porteurs les rédacteurs du livre. L'historien des sciences et sociologue Christophe Bonneuil a ainsi travaillé sur l'épistémologie, la génétique ou les organismes génétiquement modifiés en montrant à chaque fois l'importance du positionnement des parties prenantes : chercheurs, décideurs, citoyens... L'économiste et sociologue (socio-économiste ?) Pierre-Benoît Joly a porté son regard sur les débats autour de l'expertise scientifique notamment dans le domaine des biotechnologies ou des nanotechnologies. Dès lors, s'intéresser aux Sciences, techniques et société revient à questionner la manière dont les connaissances scientifiques et leur traduction dans des objets techniques influence et impacte la vie des individus. (...)

La suite du compte rendu sur le site Lectures : https://lectures.revues.org/11963

Un livre de 125 pages publié à La Découverte.


Droit et régulations des activités économiques, un ouvrage dirigé par Christian Bessy, Thierry Delpeuch & Jérôme Pélisse

Être « pluri » ou « trans » disciplinaire relève parfois d'une posture, d'un affichage plus que d'une réelle volonté intellectuelle. Droit et régulations des activités économiques est, bien au contraire, la mise en œuvre concrète d'un dialogue fécond, critique et approfondi entre divers savoirs académiques. On y appréciera le respect des méthodes propres aux traditions disciplinaires - analyse des pensées, de matériaux historiques, enquêtes de terrain... - et l'ouverture à l'ensemble des sciences sociales. (...)

La suite du compte rendu sur le site Lectures : https://lectures.revues.org/11593

Un livre de 358 pages, paru chez LGDJ.


Recherches et innovations en sciences de gestion, un ouvrage dirigé par Franck Moraux et Laurent Bironneau

L'introduction du livre permet de préciser les enjeux de cette publication : les sciences de gestion forment un domaine où la recherche académique n'a pas réussi à asseoir sa légitimité. S'y ajoute la contrainte institutionnelle puisque les contributions collectées dans cet ouvrage sont issues du laboratoire de l'Institut d'Administration des Entreprises de Rennes. Les IAE se présentent en effet comme des écoles de commerce universitaires et produisent depuis de nombreuses années des analyses tant théoriques qu'appliquées réellement novatrices mais insuffisamment exploitées. On pense dans ce cadre à l'ouvrageSciences de gestion et pratiques managériales publié par le réseau des IAE en 2002 aux éditions Economica. Les deux enseignants chercheurs qui ont dirigé ce livre soulignent avec regret l'absence de prise en compte sérieuse des travaux de recherche dans le débat public. Recherches et innovations en sciences de gestion vise donc à combler ce manque. (....)

La suite de la note ici : https://lectures.revues.org/11098

Un ouvrage publié aux Presses Universitaires de Rennes, 210 pages.


Triple A, un ouvrage d'Alexandra Ouroussoff

L'anthropologie peut être d'un grand secours à la compréhension des mécanismes économiques et financiers contemporains. En étudiant la manière dont les agents sociaux expriment leurs croyances sur le fonctionnement du processus de notation des entreprises, le livre d'Alexandra Ouroussoff est une plongée captivante dans les eaux troubles du capitalisme financier. Fruit d'un travail de terrain de plusieurs années sur « la guerre à Wall Street » (titre original de l'ouvrage) cette enquête décrypte la manière dont les analystes financiers des agences de notation et les dirigeants d'entreprise conçoivent l'évaluation de la qualité des stratégies financières adoptées. (...)

La suite du compte rendu sur le site Lectures : https://lectures.revues.org/10871

Publié chez Belin, 128 pages.


Economie de l'environnement et économie écologique, un ouvrage d'Eloi Laurent et Jacques Le Cacheux

Éloi Laurent et Jacques Le Cacheux nous livrent ici un manuel particulièrement novateur. Alors que l'exercice et le format relativement condensé de ce type d'ouvrage ne laissent en général que peu de place à l'originalité, les deux auteurs parviennent à exposer de manière approfondie l'ensemble des apports de l'analyse économique aux questions environnementales. C'est d'ailleurs un domaine dans lequel ils ont produit de nombreuses recherches très intéressantes au sein de l'Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE). Voici donc présenté ici le fruit d'un travail combinant à la fois les apports théoriques les plus récents et la capacité à s'adresser à un large public.

La suite de la note ici : https://lectures.revues.org/10362

Un livre de 214 pages publié chez Armand Colin.


Deux économistes face aux enjeux climatiques, un ouvrage de Roger Guesnerie et Nicholas Stern

Ce petit ouvrage présente de nombreuses qualités pédagogiques. Comme bien souvent dans les publications de cet éditeur on peut saluer la volonté de développer un discours vulgarisé mais sérieux sur des enjeux scientifiques importants. Roger Guesnerie, économiste au Collège de France y avait déjà écrit sur la lutte contre l'effet de serre. Dès lors sur un sujet aussi large et discuté que l'économie politique du climat la forme retenue pour cet ouvrage semble parfaitement adaptée : celle d'une discussion, d'un entretien entre deux auteurs de référence. Roger Guesnerie s'y exprime avec Nicholas Stern, économiste anglais auteur d'un rapport éponyme ayant fortement contribué à éclairer l'importance des négociations internationales dans le domaine du climat. (...)

La suite de la note sur le site de la revue électronique Lectures : https://lectures.revues.org/9997

Un livre de 110 pages aux éditions Le Pommier.


Monde pluriel, un ouvrage de Bernard Lahire

La tradition sociologique repose notamment sur la production d'ouvrages de nature épistémologique qui fournissent généralement un éclairage essentiel sur l'œuvre d'un auteur. On pense bien sûr à ceux d'Emile Durkheim ou de Max Weber dont les réflexions sur le caractère scientifique de la sociologie forment de véritables marqueurs intellectuels : points de références, guides méthodologiques, programmes de recherches, plaidoyers pour l'étude du social ... et on en passe. Les auteurs contemporains ne dérogent pas à cette tradition et maintiennent cette volonté d'une explication globale de leurs recherches. Ainsi Bourdieu, Boudon, Touraine ont écrit plusieurs ouvrages à caractère épistémologique et méthodologique visant à clarifier leurs postulats : champs, habitus, violence symbolique, individualisme méthodologique, effets pervers, idéologie, intervention sociologique, notion de sujet... Le récent lauréat de la médaille d'argent du CNRS, Bernard Lahire, s'inscrit dans ce sillon qu'il a déjà contribué précédemment à creuser avec des livres comme L'homme pluriel ou L'esprit sociologique.

La suite du compte rendu sur le site de Lectures : https://lectures.revues.org/8371

Publié au Seuil, 393 pages.


L'école et la méritocratie, un ouvrage d'Elise Tenret

La méritocratie scolaire est un sujet que cette étude sociologique cherche à éclairer à la fois empiriquement et théoriquement. Ce livre est issu d'un travail de doctorat d'Elise Tenret dirigée par Marie Duru-Bellat portant sur les croyances en la méritocratie. Il prolonge à la fois les recherches de l'auteure et celles de sa directrice de thèse. Dans Le mérite contre la justice Marie Duru-Bellat avait en effet entamé une réflexion sur les liens entre le mérite, l'égalité des chances et la justice. Il en ressortait un constat plutôt inquiétant pour l'institution scolaire caractérisée par des difficultés sérieuses à reconnaître objectivement les mérites de chacun. (...)

La suite de la note de lecture sur le site Liens socio : https://lectures.revues.org/7858

Un ouvrage de 191 pages publié aux Presses Universitaires de France.


Entrepreneurs, entreprise. Histoire d'une idée, un ouvrage d'Hélène Vérin

C'est un livre d'histoire assez original que nous offre Hélène Vérin. Alors que son titre pouvait laisser croire à une étude de type « business history » où seraient décrites les évolutions des entreprises de la petite structure familiale à la grande multinationale capitalistique, c'est bien le sous-titre qui est déterminant. L'analyse de l'idée d'entreprise et d'entrepreneur éclaire d'une manière différente un agent économique et social que tout le monde pense connaître.

La suite de la note sur le site Lectures de Liens socio : https://lectures.revues.org/7181

Un livre de 271 pages publié chez Classiques Garnier.


Repenser l'entreprise et la gestion, un ouvrage de Xavier Leflaive

Voici un livre qui est à la fois court et d'une densité remarquable. Il s'agit d'une véritable introduction en langue française à un courant de sciences de gestion : « les études critiques en management ». Une approche qui s'inspire de la démarche généalogique du philosophe Michel Foucault et qui ne prend pas le management pour un corpus de techniques neutres permettant de gérer au mieux les entreprises. Il faut, bien au contraire, questionner la manière dont les problématiques et les outils de la gestion finissent par s'imposer dans la pratique et dans les discours des acteurs sociaux. On note bien évidemment que le management déborde aujourd'hui de son champ initial pour proposer sa démarche au-delà de l'entreprise, dans les organisations publiques notamment, et que c'est pourquoi l'auteur estime primordial de « repenser » la gestion. (...)

La suite de la note sur le site Lectures de liens socio : https://lectures.revues.org/6685

Publié chez Economica, 158 pages.


Le travail sociologique. Du concept à l'analyse. Mélanges en hommage à François Chazel, un ouvrage dirigé par Charles-Henry Cuin & Patrice Duran

Les mélanges sont une forme éditoriale bien particulière. Ils contiennent souvent des petits bijoux de réflexion car ils relèvent à la fois d'une logique d'hommage et de liberté intellectuelle qui poussent les contributeurs à élaborer des analyses de haute volée. Cet ouvrage ne déroge pas à la règle puisqu'il a pour but de consacrer les travaux de François Chazel, dont la sociologie a toujours marié les aspects théoriques et la dimension politique. En effet, dans la droite ligne de ses recherches, les auteurs réunis dans ce volume vont soit présenter de manière originale un auteur classique de la sociologie ; soit approfondir la sociologie de l'action proposée par Chazel ; soit reprendre la question épistémologique autour du débat expliquer/comprendre. Ce découpage donnant les trois parties de l'ouvrage. (...)

La suite de la note sur le site Lectures : https://lectures.revues.org/6331

Un livre de 231 pages publié aux Presses de l'université Paris Sorbonne.


Maya Bacache-Beauvallet, Marc Bourreau et François Moreau, Portrait des musiciens à l'heure du numérique

Voici un livre qui se situe à la croisée de l'économie et de la sociologie, en mobilisant le meilleur de ces disciplines. Il s'agit en effet d'une réflexion sur l'environnement dans lequel évoluent les musiciens avec le développement du numérique : téléchargements, sites Internet et autres pratiques permises par le caractère digital de la musique. Elle prend pour point de départ les travaux classiques de sociologie de la culture, et en particulier les résultats empiriques présentés par Olivier Donnat ou Philippe Coulangeon sur la population des artistes. (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/6029


Carl Menger, Recherches sur la méthode dans les sciences sociales et en économie politique en particulier

Ce livre de Carl Menger est une œuvre essentielle pour trois raisons. Il traite tout d'abord d'une question qui reste d'une actualité étonnante, la querelle des méthodes (« Methodenstreit »). Menger est, en effet, un des trois auteurs « révolutionnaires » qui a introduit le raisonnement marginaliste en économie et qui est aujourd'hui le fondement de ce qu'il est convenu d'appeler la microéconomie. Avec l'anglais Stanley Jevons et le français Léon Walras, l'économie politique devient la science économique avec comme atome essentiel le raisonnement individuel d'acteurs cherchant à satisfaire leur désirs exprimés sous forme d'utilité (et donc quantifiable). (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/5670


Georges Gloukoviezoff, L'exclusion bancaire. Le lien social à l'épreuve de la rentabilité

C'est un ouvrage très approfondi que nous propose Georges Gloukoviezoff autour d'une question à la fois importante et méconnue : l'exclusion bancaire. Reprenant les diverses recherches menées par l'auteur sur le sujet et qui ont fait l'objet de sa thèse, ce livre laisse l'étrange impression d'avoir bien compris le problème et d'avoir réellement fait le tour de la question. Cette « frustration à l'envers » découle d'une maîtrise assez impressionnante de l'ensemble des sciences sociales traitant de la question bancaire. S'inscrivant ainsi dans la perspective de la socio-économie, Gloukoviezoff mobilise les articles classiques de l'économie de l'information (Spence ou Stiglitz & Weiss), les travaux dirigés par Michel Aglietta & André Orléan sur la monnaie et sa dimension anthropologique, la sociologie de l'activité bancaire (Yves Grafmeyer ou David Courpasson) avec une aisance déconcertante. (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/5243


Rodolphe Durand, Jean-Philippe Vergne, L'organisation pirate. Essai sur l'évolution du capitalisme

Pari audacieux lancé par Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne : étudier le phénomène de la piraterie et le relier à l'évolution du capitalisme. « Audacieux » parce que le thème pourrait relever d'un simple marketing éditorial : les pirates et le capitalisme faisant vendre actuellement depuis le succès de quelques œuvres (la série de films sur les pirates des caraïbes ou les livres critiques de Stiglitz notamment) et risquant donc certainement de ne plus rencontrer ce succès... (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/1280


Romain Huret, Katrina, 2005. L'ouragan, l'Etat et les pauvres aux Etats-Unis

On referme le livre de Romain Huret avec une étrange sensation, un mélange d'amertume et d'accablement sans doute. Dans Katrina 2005, l'historien propose en effet l'analyse d'un désastre écologique dans toutes ses dimensions et propose une grille de lecture cohérente d'un évènement qui a marqué les mémoires mondiales pour sa médiatisation et les conclusions hâtives qu'on a pu en tirer. (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/1239


Paul Jorion, Le prix

Cet ouvrage est original à plus d'un titre. Il est emblématique de ce qu'il est convenu d'appeler la « socio-économie » dont les travaux cherchent à étudier les problèmes économiques (richesse, production, travail ...) sans négliger le contexte social et historique dans lesquels ils apparaissent et se développent. On peut d'ailleurs saluer la collection qui abrite le livre de Paul Jorion et s'inscrit dans ce cadre : « dynamiques socio-économiques ». (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/1196


Laurent Bonelli, Willy Pelletier, Serge Halimi, Collectif, L'Etat démantelé. Enquête sur une révolution silencieuse

Avec un titre aussi évocateur on imagine aisément le contenu de l'ouvrage. Pourtant, comme le souligne le sous-titre (« enquête sur une révolution silencieuse ») L'Etat démantelédéveloppe une analyse plus nuancée des réformes de l'Etat engagées depuis les années 80 et l'affirmation d'une crise de l'Etat Providence. Cet ouvrage collectif poursuit le travail engagé en sciences politiques par Philippe Bezes dans Réinventer l'Etat où il étudie les réformes de l'administration française depuis 1962 et la conversion du service public au raisonnement gestionnaire incarné par le « New Public Management ». S'appuyant en partie sur un colloque organisé par le Monde Diplomatique c'est donc un livre engagé avec les qualités et défauts qui vont avec ce genre. (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/1150


Michel Forsé, Maxime Parodi, Une théorie empirique de la justice sociale

Sur un sujet aussi transversal et théorique que la justice sociale, les sociologues Michel Forsé et Maxime Parodi ont choisi une approche originale que l'on retrouve dans le titre un peu paradoxal de cet ouvrage. Il s'agit d'une « théorie empirique » car les auteurs ont voulu mêler les préoccupations analytiques et spéculatives propres aux théories de la justice sociale (qui forment un corpus de plus en plus dense) et les résultats de grandes enquêtes internationales et nationales menées depuis quelques années. Ainsi ce livre s'appuie autant sur les apports de Rawls ou de Kant que sur les désormais célèbres World Values Surveys, mobilisant à la fois des raisonnements et des techniques quantitatives. (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/1120


Didier Fassin, Les nouvelles frontières de la société française

La frontière est un objet théorique particulièrement stimulant pour les sciences sociales. On pense évidemment à la géographie ou à la géopolitique qui ont montré les enjeux spatiaux autour de ce qui sépare. Qui dit frontière dit également histoire et droit, car aucune limite territoriale n'est éternelle. Le mérite de cette somme est d'avoir cherché (et réussi) à utiliser la pluralité sémiologique du terme pour regrouper des analyses pluridisciplinaires autour d'enjeux de société, finalement assez peu étudiés. Rares sont les travaux académiques sur des questions aussi brûlantes que l'immigration ou le racisme qui permettent de balayer autant de problèmes ; ces nouvelles frontières de la société française. On assiste en effet dans ce travail à un dépassement de ce qu'Alain Touraine avait qualifié de nouveaux mouvements sociaux pour décrire les conflits naissants dans les années 70 autour de questions identitaires (écologie, féminisme, régionalisme) et qui étaient « nouveaux » car ne portaient plus sur de simples questions de répartition des richesses. (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/1084


Michel Dreyfus, Les assurances sociales en Europe


Dès l'introduction de l'ouvrage qu'il dirige, l'historien Michel Dreyfus fixe les ambitions et les contraintes d'une analyse historique des assurances sociales en Europe. Comme le sujet relève de l'histoire de la protection sociale, il est nécessaire de revenir aux origines de ces systèmes, quand bien même les assurances sociales ont disparu, pour éclairer les modèles d'Etat social qui existent aujourd'hui. Ainsi, le livre adopte une logique comparative avec un point d'ancrage : le modèle d'assurance sociale mis en place en Allemagne à la fin du XIXème siècle sous l'impulsion de Bismarck. C'est en effet la référence incontournable tant du point de vue analytique que pratique pour une série de raisons. (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/987


André Masson, Des liens et des transferts entre générations

L'économiste André Masson est à l'initiative d'une démarche exemplaire en sciences sociales : à partir d'un sujet technique (les transferts de patrimoine entre générations) et d'un savoir disciplinaire (l'économie), il va chercher à montrer ce qu'une approche peut expliquer, ce qu'elle ne permet pas de comprendre, et surtout l'auteur puise chez d'autres auteurs et dans d'autres matières ce qui permettrait de mieux établir les faits empiriques... Ainsi André Masson, spécialiste des questions d'épargne ou de patrimoine au sein de la discipline économique, retourne à l'esprit de l'économie politique qui cherche, face à un problème social, à le comprendre dans un contexte socio-économique et historique donné : il mobilise tant l'anthropologie de Marcel Mauss que la science politique comparative de Gosta Esping-Andersen voire la philosophie ou la littérature. A aucun moment ce livre ne dérive vers la technicité ou l'économisme. Bien au contraire, l'ouvrage est agréable à lire, dénué de formalisme, tout en conservant l'impératif de rigueur nécessaire à des questions où l'idéologie ou plus souvent le simplisme prédominent. (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/928


Nicolas Bourgouin, Les chiffres du crime. Statistiques criminelles et contrôle social (France, 1825-2006)


Il est nécessaire de saluer le travail de Nicolas Bourgoin sur les chiffres de la criminalité légale en France. Sujet récurrent de polémiques, c'est un thème primordial pour la sociologie de la déviance. L'auteur s'interroge sur l'hypothèse du procès de civilisation chère à Norbert Elias et de son éventuel déclin : la violence civile suivrait une tendance à la baisse en raison de la pacification des mœurs. Pour Bourgoin, cette hypothèse n'est pas validée par les statistiques criminelles. (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/854


Eric Maurin, La peur du déclassement. Une sociologie des récessions


Le déclassement est un phénomène de rupture qui conduit un individu à perdre sa position sociale. Dans un contexte de crise économique c'est une question primordiale car les individus voient leurs opportunités se réduire. La peur du déclassement est un phénomène d'une autre nature, c'est la perception du risque de déclassement. C'est une notion psychologique et sociale distincte de la réalité du déclassement proprement dit, notamment sur le plan quantitatif... Sont concernés par la peur du déclassement des individus qui ne le subiront peut être pas. C'est tout l'intérêt du livre d'Eric Maurin que de questionner les liens entre le déclassement réel et sa perception. La peur pose un problème spécifique dans le cadre de l'économie française contemporaine, car être licencié aujourd'hui entraîne une période de chômage de longue durée et la perte d'un statut. D'autant qu'il existe des inégalités face au chômage : ainsi on constate qu'il touche plus fortement les non-diplômés. Dès lors, la peur du déclassement est importante car elle a un coût élevé. Elle induit un comportement protecteur de la part de ceux qui ont le plus à perdre (les classes moyennes et les classes supérieures). On retrouve ici les conclusions d'autres travaux d'Eric Maurin sur les comportements résidentiels ou scolaires. (...)

Compte rendu : https://journals.openedition.org/lectures/823


Pascal Combemale, Introduction à Keynes

On croit bien évidemment tout savoir sur Keynes. Son itinéraire intellectuel ou personnel ayant fait l'objet de véritables sommes comme celles de Robert Skidelsky en langue anglaise ou de Gilles Dostaler en français. Ses principales analyses sont devenues des éléments classiques dans l'enseignement de l'économie, on parle de politique de relance keynésienne ou de fonction de consommation keynésienne. Il est tout de même l'inventeur de la macroéconomie, qui consiste à raisonner sur les grandeurs économiques agrégées et non plus seulement à l'échelon individuel ... Alors pourquoi l'ouvrage de Pascal Combemale semble-t-il arriver à point nommé ? (...)

Compte rendu : https://www.liens-socio.org/Introduction-a-Keynes